Les deux roses

L’Ardent voyage

Les deux roses.

Je croyais qu’à toujours étaient closes les portesSur les dernières fleurs de mon rêve orgueilleux.Sans prévoir que vers moi se lèveraient tes yeux,Je pensais n’aimer plus désormais que les mortes.Je savais que l’oiseau des brumes a chantéEt que nous approchons de la fin de l’automne ;Mais, dans le beau parterre ou le rosier s’étonne,Ta charmante venue a ramené l’été.

Quand aux pages d’antan j’ai rouvert le vieux livre,Tes doigts se sont posés doucement sur mes doigts.Alors nous avons lu tous deux à demi-voix :Et je me sens heureux de t’aimer et de vivre.Derrière les cyprès, le soleil s’est éteint ;Mais les ombres du soir ne sont jamais complètes :Je vois briller ensemble aux clartés des planètesLa rose de ta bouche et celle du jardin.

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