Idylle suburbaine

À travers les grouins

Voici les bicyclistes,Ainsi que des ballistesLeurs machines lançantSur le passant.

Voici les dégraféesHideusement coiffées,Telles qu’un hanneton,Dans leur veston.

Comme un porc que l’on châtre,Le calicot folâtreHurle, par les faubourgs,Maints calembours.

Voici Joseph Prudhomme,Qui loin, loin de Sodome,Sans mail-coach de Binder,Prend un bain d’air !

Dans le bois de Vincennes,Les magistrats obscènesViennent se trimbalerEt pédaler.

Ça refait leur échineDe rouler à machine,Libidineux et gras,Sur le ray-grass.

Et les dames facilesRicanent, imbéciles,De pister, à vélo,Maint gigolo.

Tout le bois en fourmille.Puis, ce sont des famillesComplètes d’ouverriersInébriés.

Ils apportent salade,Gruyère, marmelade,Veau, laitue et pourpier,Dans du papier.

Une âme de fritureÉgaye la nature,Qu’emplit ta grande voix,Chevandebois !

Quelque parfum agreste,La sueur et le reste,Diversifie au loinL’odeur du foin.

La poussière assaisonneLes macarons. FoisonneLa mouche des cacas,Sur le lilas.

Plaisir combien champêtre !Et qui ne voudrait paîtreCes repas digestifs,Sur les fortiffs !

L’Himalaya dégoûteLes humbles. Somme toute,Tu vaux mieux que le Nil,Lac Dauménil.

Car le tramway du LouvrePeut, quand le temps se couvre,Y mener les bourgeois,À travers bois.

Ô douceur efficace !Lamper un melécasseEt le bitter plus dur,Devant l’azur !

Ainsi triomphe l’ordre !Nul n’a besoin de mordre,Ayant usé ses bas,En tels ébats.

Et, toute la semaine,Les cyclistes que mèneUn rude et tâtillonChef de rayon ;

Les employés moroses,Ayant humé les rosesEt longtemps baladéPar Saint-Mandé,

Acceptent ergastules,Camouflets et sportulesEt les repus grugeantLeur pauvre argent.

C’est pourquoi leurs équipesT’émeuvent jusqu’aux tripesCoppée, ô sacristainSi peu hautain !

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