Senescent Moon
Vitraux
Fleurs des eaux ! Souvenir des bénignes pensées !Voici que j’ai revu l’étang silencieux,Immuable linceul des mortes fiancées.
Stagnante sous le deuil des ajoncs soucieux,La nappe se déroule au penchant des marnièresOù des chariots lents s’enlisent les essieux.
Les rainettes et les mulots dans leurs tanièresDorment au bercement du très vague roulisQu’impriment aux flots les haleines printanières.
Sur la brande où, le soir, valsent les lorelys,L’ombre s’étend. Nulle clameur. Plus de murmures,Sinon, dans les roseaux, la plainte des courlis.
C’est l’heure où, délaissant les secrètes ramures,Et la grotte aux arceaux de lierre et de houblons,Les mantes aux buissons viennent cueillir des mûres.
En robe blanche, par les prés et les vallons,Elles descendent vers le marais fatidiqueEt, sur ses bords fleuris, peignent leurs cheveux longs.
Court mirage ! Soudain, la vision pudiqueS’évanouit, pareille aux feux follets trompeursEt déserte l’étang qu’une lueur indique.
Dispensatrice des merveilleuses torpeurs,Tu montes, bleuissant la colline et la sente,Dans l’azur étamé de confuses vapeurs,
Lune du doux Shakspeare, ô lune sénescente
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