Les Oiseaux de proie (1855)

LES OISEAUX DE PROIE.

Je m’étais assis sur la cime antiqueEt la vierge neige, en face des dieux ;Je voyais monter dans l’air pacifiqueLa procession des morts glorieux.

La terre exhalait le divin cantiqueQue n’écoute plus le siècle oublieux,Et la chaîne d’or du Zeus homériqueD’anneaux en anneaux l’unissait aux cieux.Mais, ô passions, noirs oiseaux de proie,Vous avez troublé mon rêve et ma joie :Je tombe du ciel et n’en puis mourir.Vos ongles sanglants ont dans mes chairs vivesEnfoncé l’angoisse avec le désir,Et vous m’avez dit : — Il faut que tu vives !

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