Texte entier
Traducido del inglés por Henri Bué
Alice au pays des merveilles
Notre barque glisse sur l’ondeQue dorent de brûlants rayons ;Sa marche lente et vagabondeTémoigne que des bras mignons,Pleins d’ardeur, mais encore novices,Tout fiers de ce nouveau travail,Mènent au gré de leurs capricesLes rames et le gouvernail.
Soudain trois cris se font entendre,Cris funestes à la langueurDont je ne pouvais me défendrePar ce temps chaud, qui rend rêveur.
« Un conte ! Un conte ! » disent-ellesToutes d’une commune voix.Il fallait céder aux cruelles ;Que pouvais-je, hélas ! contre trois
La première, d’un ton suprême,Donne l’ordre de commencer.La seconde, la douceur même,Se contente de demanderDes choses à ne pas y croire.Nous ne fûmes interrompusPar la troisième, c’est notoire,Qu’une fois par minute, au plus.
Puis, muettes, prêtant l’oreilleAu conte de l’enfant rêveur,Qui va de merveille en merveilleCausant avec l’oiseau causeur ;
Leur esprit suit la fantaisie.Où se laisse aller le conteur,Et la vérité tôt oubliePour se confier à l’erreur.
Le conteur (espoir chimérique !)Cherche, se sentant épuisé,À briser le pouvoir magiqueDu charme qu’il a composé,Et « Tantôt » voudrait de ce rêveFinir le récit commencé :« Non, non, c’est tantôt ! pas de trêve ! »Est le jugement prononcé.
Ainsi du pays des merveillesSe racontèrent lentementLes aventures sans pareilles,Incident après incident.
Alors vers le prochain rivageOù nous devions tous débarquerRama le joyeux équipage ;La nuit commençait à tomber.
Douce Alice, acceptez l’offrandeDe ces gais récits enfantins,Et tressez-en une guirlande,Comme on voit faire aux pélerinsDe ces fleurs qu’ils ont recueillies,Et que plus tard, dans l’avenir,Bien qu’elles soient, hélas ! flétries,Ils chérissent en souvenir.
« Maître Corbeau sur un arbre perché,
Faisait son nid entre des branches ;Il avait relevé ses manches,Car il était très-affairé.Maître Renard, par là passant,Lui dit : « Descendez donc, compère ;Venez embrasser votre frère. »Le Corbeau, le reconnaissant,Lui répondit en son ramage :
« Fromage. » »
la Souris, Qu’ilrencontradans lelogis :« Je croisle momentfort propiceDe te fairealler en justice.Je nedoute pasdu succèsQue doitavoirnotre procès.Vite, allons,commençonsl’affaire.Ce matinje n’ai rienà faire. »La Sourisdit àCanichon :« Sans jugeet sansjurés,mon bon ! »MaisCanichonplein demaliceDit :« C’est moiqui suisla justice,Et, quetu aiesraisonou tort,Je vais tecondamnerà mort. »
« Ah ! vous dirai-je, ma sœur,
Ce qui calme ma douleur ! »
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