La Chanson du Marchand de Mouron
Festons et astragales
Petits serins, petits moineaux,Passez la tête à vos barreaux,Je viens des bois et de la plaine,De mouron frais ma hotte est pleine.
Mouron ! mouron !Qui veut du mouron !
Au long des prés et des ruisseaux,Des champs tout blonds aux verts coteaux,Parmi la mousse et la bruyère,Je vais cherchant la graine amère…
Mouron ! mouron !Qui veut du mouron !
Pour vous cueillir le picotin,Je m’éveille, dés le matin,Car, la nuit, mes songes fidèlesSont pleins de chants et de bruits d’ailes.
Mouron ! mouron !Qui veut du mouron !
Je suis le père des oiseaux,Et, dans leur prison de roseaux,Tous, quand je chante par la ville,Frissonnent au perchoir mobile.
Mouron ! mouron !Qui veut du mouron ?
Amis à l’œil luisant et noir,Vous vous croirez libres, ce soir,Quand, à la grille de vos cages,S’étaleront mes gais feuillages.
Mouron ! mouron !Qui veut du mouron !
Merles, pinsons, chardonnerets,J’ai vu vos frères des forêts,Et j’ai des nouvelles certainesDes bois, des monts, et des fontaines.
Mouron ! mouron !Qui veut du mouron !
Je les vois venir, par milliers,Quand je passe au fond des halliers,Et, pour me jaser dans l’oreille,Plus d’un se pose à ma corbeille.
Mouron ! mouron !Qui veut du mouron !
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