Le Crapaud

Festons et astragales

L’ombre descend, la terre est brune,Tous les bruits meurent à la fois ;Seul, les yeux fixés sur la lune,Le crapaud chante au bord du bois.

Du vieux tronc qu’un lierre festonneIl sort ainsi, quand vient le soir.Comme une flûte monotone,Sa voix monte sous le ciel noir.

Ah ! pauvre ami, vieux camarade !Que dit-elle à l’astre argenté,Ta longue et morne sérénadeQui pleure dans les nuits d’été ?

Crois-tu qu’enfin lasse et charméePar tes tristesses d’opéra,Au long d’une échelle enflammée,Ta Juliette descendra ?

Tant que l’ombre étale ses voiles,Il reste là, s’évertuant,Sous le balcon d’or des étoiles,Roméo sinistre et gluant.

Puis il retourne vers son antre,Au premier sourire du jour,Traînant, dans l’herbe, son gros ventre,Plein de poisons et plein d’amour.

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