Départ
L’Amour et le Sablier
Départ
La nuit d’hiver était si douceQu’on cherchait l’odeur des bourgeons :Pourtant les branches étaient nues,Et pourtant, nos cœurs angoissés.Un ciel strié de noirs rameauxMûrissait l’instant du départ,Et nos yeux amassaient, avides,Un fugitif trésor d’images.
Une écluse menait dans l’ombreSa rumeur, pareille à la mer ;Au coin du pont, la maison blancheMe fit le signe de rester.Les collines nous enserraientDe leur tendre barrière ;Mais derrière elle, rougeoyaientLes feux troubles de la gare.Une goutte de pluie amèreA roulé le long de ta joue ;Puis l’ombre en sifflant s’est ouverteDevant ma course solitaire.Mais un vent tiède s’est levéÀ travers les arbres sans feuillesEt m’a laissé de ton adieuUn goût de printemps sur les lèvres.
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