Tome 12 — Notes — 03
« Monsieur Dubosq, digne d’estime,Jadis mon amy très intime,Et de mesme climat que moy,L’un des interprètes du roy,Et gentilhomme chez la reine,Dont l’âme estoit de vertus pleine ;Enfin, ce Dubosq que je dis,Que je tiens estre en paradis,D’autant qu’il estoit bon et sageEst décédé dans le voyage,Depuis trois semaines, ou plus,À Baïonne ou Saint-Jean de Lus.
« Il sçavoit faire des harangues,Estoit docte en diverses langues,Comme il a montré plusieurs fois,Servant avec esprit nos rois.Son âme estoit noble et loyale,Estant pour la cause royaleToujours ferme comme une tour ;Et quoyqu’il fût homme de cour,Sa probité fut infinie ;Il vivoit sans cérémonie.L’Éminence et Leurs MajestésFaisoient cas de ses qualités.Bref, chacun le chérissoit commeUn fort prude et fort honnête homme.
« O cher Dubosq, esprit charmant,Qui, comme moy, fus bas Normand,Courtisan, à présent, céleste,Qui, par un sort trop tôt funeste,Es mort travaillant pour la paix ;Estant avec Dieu, désormais,Sans plus redouter les tempestesQue le ciel suspend sur nos testes,Ce Loret qui t’estimoit tantEt qui, dans ce monde inconstant,Ne te peut survivre de gueres,Se recommande à tes prières. »
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