Paysage bressan
Le Parnasse contemporain — 1876
Il est charmant ce paysage,Peu compliqué, mais que veux-tu ?Ce n’est qu’une mer de feuillageOù, timide, à peine surnageUn tout petit clocher pointu.
Au premier plan, toujours tranquille,La Saône reluit au matin.Par instants de l’herbe immobileUn bœuf se détache et profileSes cornes sur le ciel lointain.
Vis-à-vis, gardant ses ouailles,Le nez penché sur un tricot,Tandis qu’au loin chantent les cailles,Une vieille compte ses mailles,Rouge comme un coquelicot.
Et moi, distrait à ma fenêtre,Je regarde et n’ose parler.A quoi je pense ? A rien peut-être.Je regarde les vaches paîtreEt la rivière s’écouler.
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