Marguerite des bois
À Fernand l’Anglois.
Marguerite des bois,Vous souvient-il encore,Marguerite des bois,Du soleil d’autrefois ?Et du matin chantantEt de la fraîche aurore,Et du matin chantantOù je vous aimais tant.On m’a parlé de vousChez Marthe, la voisine,On m’a parlé de vous.Mon fin petit cœur doux.
Je sais que vous pleurez,Le soir, à la cuisine,Je sais que vous pleurezSur vos souliers dorés.Vous aviez rarementGentillesse à me dire,Vous aviez rarementPitié de votre amant.Vous m’avez désoléAvec votre sourire,Vous m’avez désoléEt je m’en suis allé.Vous chasse qui voudra,Ô folles alouettes,Vous chasse qui voudra,Il s’en repentira.Moi, je vais en forêtCueillir les violettes,Moi, je vais en forêtAttraper le furet.
Mes nippes à mon cou,Je fais mon tour de France,Mes nippes à mon cou.Je m’en vais, Dieu sait où.Tous les chemins sont verts,Et vive l’espérance !Tous les chemins sont verts,Dans le vaste univers.J’ai couché quatre nuitsEn plein château des belles,J’ai couché quatre nuits,Sans perdre mes ennuis.Et je reviens encorAvec les hirondelles,Et je reviens encorOù sont les boutons d’or.Rien n’est aussi charmantQue nos filles de Bresse,Rien n’est aussi charmantQue leur habillement.
Au petit jour, leurs yeuxSont remplis de tendresse,Au petit jour, leurs yeuxOnt la couleur des cieux.Marguerite des prés,Quand le soleil vous dore,Marguerite des prés,Jamais vous ne pleurez.Marguerite des bois,Vous souvient-il encore,Marguerite des bois,Du soleil d’autrefois ?
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