Circé

Rêveries d’un païen mystique

CIRCÉ

Douce comme un rayon de lune, un son de lyre,Pour dompter les plus forts, elle n’a qu’à sourire.Les magiques lueurs de ses yeux caressantsVersent l’ardente extase à tout ce qui respire.Les grands ours, les lions fauves et rugissantsLèchent ses pieds d’ivoire ; un nuage d’encensL’enveloppe ; elle chante, elle enchaîne, elle attire,La Volupté sinistre, aux philtres tout-puissants.Sous le joug du désir, elle traîne à sa suiteL’innombrable troupeau des êtres, les charmantPar son regard de vierge et sa bouche qui ment,Tranquille, irrésistible. Ah ! maudite, maudite !Puisque tu changes l’homme en bête, au moins endorsDans nos cœurs pleins de toi la honte et le remords.

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