Petit Traité de versification française (Quicherat)

Où suis-je ? qu’ai-je fait ? | que dois-je faire encore ?Quel transport me saisit ? | quel chagrin medévore ? Rac.

Rions, chantons, | dit cette foule impie. Rac.

Mais il n’importe : il faut suivre ma destinée. Mol.Dieu me damne ! voilà son portrait véritable…Mon frère, vous serez charmé de le connaître. Id.Crois-tu qu’un juge n’ait qu’à faire bonne chère ? Rac.Quand ma partie a-t-elle été réprimandée ?…Lorsque je vois, parmi tant d’hommes différents…Voyez cet autre, avec sa face de carême. Id.Elle et moi, n’avons eu garde de l’oublier. La Font.Je me sens né pour être en butte aux méchants tours…La,cief du coffre-fort et des cœurs, c’est la même. Id.

Lorsqu’à la bien chercher d’abord on s’évertue,L’esprit à la trouver aisément s’habitue ;Au joug de la raison sans peine elle fléchit,Et, loin de la gêner, la sert et l’enrichit.Mais, lorsqu’on la néglige, elle devient rebelle,Et, pour la rattraper, le sens court après elle. Boil.

Gardez qu’une voyelle, à courir trop hâtée,Ne soit d’une voyelle en son chemin heurtée.

Mon père ! — Eh bien ? eh bien ? quoi ? qu’est-ce ? Ah ! ah ? quel homme Racine.J’irais trouver mon juge. — Oh ! oui, monsieur, j’irai. Id.Ah ! il faut modérer un peu ses passions. Mol.Tant pis. — Eh oui, tant pis : c’est là ce qui m’afflige. Id.

Ismène est auprès d’elle, Ismène, toute en pleurs,La rappelle à la vie, ou plutôt aux douleurs. Rac.

Ismèn’ est auprès d’ell’, Ismène tout’ en pleurs, etc.

Laisse-moi prendre haleine, afin de te louer. Corn.L’argent en honnête homme érige un scélérat. Boil.Plus méchant qu’Athalie, à toute heure l’assiége. Rac.

Me montrer à la cour, je hasardais ma tête. Corn.Et le teint plus jauni que de vingt ans de hâle. Boil.Malheureux, j’ai servi de héraut à ta gloire. Rac.Je jure hautement de ne la voir jamais. Mol.

Rome entière noyée au sang de ses enfants. Corn.Hector tomba sous lui, Troie expira sous vous. Rac.

Ciel ! à qui voulez-vous désormais que je fieLes secrets de mon âme et le soin de ma vie ? Corn.Que dans le Capitole elle voit attachéesLes dépouilles des Juifs par vos mains arrachées. Rac.

Ou bien faites-le entrer. — Qu’est-ce donc qu’il vous plaît ? Molière.Condamnez-le à l’amende, ou, s’il le casse, au fouet Rac.Du titre de clément rendez-le ambitieux. La Font.

Voyez-le en des traîneaux emportés par deux rennes.

Je ne t’envierai pas ce beau titre d’honneur. Corn.C’est là, tout haut du moins, ce qu’il n’avouera pas. Boil.Notre style languit dans un remerciement. Id.Avant la fin du jour vous me justifierez. Rac.J’essaierai tour à tour la force et la douceur. Id.Je ne remuerai point. — Votre partie est forte. Mol.L’un effraiera les gens, nous servant de trompette. La Fontaine

Un prix bien inégal nous en paiera la peine. Th. Corn.Que tout autre que lui ne paierait de sa vie. Rac.Tiens, voilà ton paiement. — Un soufflet ! écrivons. Id.

Il était sur son char ; ses gardes affligésImitaient son silence, autour de lui rangés. Rac.Sans que mille accidents ni votre indifférenceAient pu me détacher de ma persévérance. Mol.

Les présents du tyran soient le prix de sa mort. Corn.Tous les piliers ne soient enveloppés d’affiches. Boil.Je consens que mes yeux soient toujours abusés. Rac.Que de doutes fréquents ses vœux soient traversés. Mol.

Et le vers sur le vers n’osa plus enjamber.

Et le banc périlleux, qui se trouve parmiLes eaux, ne t’enveloppe en son sable endormi. Ronsard.Hélas ! prends donc mon cœur avecque cette paireDe ramiers que je t’offre ; ils sont venus de l’aire. Id.

Le feu de ses regards, sa haute majesté

Font connaître Alexandre. Et certes son visagePorte de sa grandeur l’ineffaçable image.

Oui, j’accorde qu’Auguste a droit de conserverL’empire, où sa vertu l’a fait seule arriver. Corn.Elle se croit déjà souveraine maîtresseD’un sceptre partagé, que sa bonté lui laisse. Id.Qui voit sous ses drapeaux marcher un camp nombreuxDe hardis étrangers, d’infidèles Hébreux. Rac.Enfin je me dérobe à la joie importuneDe tant d’amis nouveaux que m’a faits ma fortune…Il voit plus que jamais ses campagnes couvertesDe Romains que la guerre enrichit de nos pertes. Id.

N’y manquez pas du moins ; j’ai quatorze bouteillesD’un vieux vin… Boucingot n’en a pas de pareilles. Boil.Est-ce un frère ? est-ce vous dont la téméritéS’imagine ?… — Apaisez ce courroux emporté. Corn.

Du zèle de ma loi que sert de vous parer ?Par de stériles vœux pensez-vous m’honorer ?Quel fruit me revient-il de tous vos sacrifices ?Ai-je besoin du sang des boucs et des génisses ?Le sang de vos rois crie et n’est point écouté.Rompez, rompez tout pacte avec l’impiété ;Du milieu de mon peuple exterminez les crimes :Et vous viendrez alors m’immoler vos victimes. Rac.

Dans un lit fait négligemment,Dort, et n’est heureux qu’en dormant.Ah ! pauvre clerc du paiement !

Cieux, écoutez ma voix ; terre, prête l’oreille :Ne dis plus, ô Jacob, que ton Seigneur sommeille ;Pécheurs, disparaissez : le Seigneur se réveille. Racine.Et le mâtin était de tailleA se défendre hardiment.Le loup donc l’aborde humblementEntre en propos, lui fait son complimentSur son embonpoint qu’il admire. La Font.

Qu’on parle mal ou bien du fameux cardinal,Ma prose ni mes vers n’en diront jamais rien :Il m’a fait trop de bien pour en dire du mal ;Il m’a fait trop de mal pour en dire du bien. Corn.

Elvire, où sommes-nous ? et qu’est-ce que je voi ?Rodrigue en ma maison ? Rodrigue devant moi ? Corn.En le blâmant enfin j’ai dit ce que j’en croi,Et tel qui me reprend en pense comme moi. Boil.Je vous donne un conseil qu’à peine je reçoi ;Du coup qui vous attend vous mourrez moins que moi. Racine.Vizir, songez à vous, je vous en averti ;Et, sans compter sur moi, prenez votre parti. Id.

Fais donner le signal, cours, ordonne, et revienMe délivrer bientôt d’un fâcheux entretien. Rac.Quitte ces bois, et redevienAu lieu de loup, homme de bien. La Font.

Ils mettront la vengeance au rang des parricides. Rac.

Saisissez-vous d’un trône où le ciel vous dispose. Corn.C’est là l’unique étude où je veux m’attacher. Boil.

Si ne put onc découvrir le vrai point,Tant lui semblait que fût obscur et mince.Deux pailles prend d’inégale grandeur ;Des doigts les serre : il avait bonne pince.La longue échut sans faute au défendeur ;Dont renvoyé s’en va gai comme un prince.La cour s’en plaint, et le juge repart :« Ne me blâmez, messieurs, pour cet égard :De nouveauté dans mon fait il n’est maille ;Maint d’entre vous souvent juge au hasard,Sans que pour ce tire à la courte paille. » La Font.

Potier fut toujours juste, et pourtant respecté.Souvent on l’avait vu, par sa mâle éloquence,De leurs emportements réprimer la licence,Et, conservant sur eux sa vieille autorité,Leur montrer la justice avec impunité. Volt.

Un téméraire encens que Dieu ne peut souffrir,N’a, pour servir sa cause et venger ses injures,Ni le cœur assez droit, ni les mains assez pures.

Il faut encor que mon exemple,Mieux qu’une stoïque leçon,T’apprenne à supporter le faix de la vieillesse,A braver l’injure des ans. Chaulieu.

Nous pouvons nous rendre sans bruitAu pied de ce château dès la petite pointeDu jour.La surprise à l’ombre étant jointe,Nous rendra sans hasard maîtres de ce séjour. La Font.Que les champs libres on leur laisseUn peu,Je gageQu’on verra, s’ils sortent de cage,Beau jeu. Id.

J’aimaiFatmé ;ZulmaM’aima ;Mais j’aiChangéVingt foisDe lois. Servière.

Quand il est venu,Comme un enfant inconnu,Nu…

Mon crédule cœurN’a point de ce dieu trompeurPeur…Depuis ce jour-làCe feu caché me brûlaLà.

Et l’on voit des commisMisComme des princes,Qui jadis sont venusNusDe leurs provinces.

C’est promettre beaucoup ; mais qu’en sort-il souvent ?Du vent…L’homme au trésor arrive, et trouve son argentAbsent.

Lachésis apprendrait à devenir sensible,Et le double ciseau de sa sœur inflexibleTomberait devant moi.

Ho, ho, monsieur. — Tais-toi, sur les yeux de ta tête. Rac.Ho, ho, le grand talent que votre esprit possède ! Mol.Ho ! ho ! dit-il, voilà bonne cuisine. La Font.

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