Auguste Vacquerie (Ulbach)

J’aurai, mon grand Paris, un cœur digne du tien.Je sens dans le songeur éclore un citoyen.Je veux dorénavant suivre tout ton exemple ;Je veux, en même temps que celui qui contemple,Être celui qui lutte, et mon être s’accroîtDu serviteur de l’art au combattant du droit.Je ferai, méprisant l’injure et la tempête,Mon devoir d’homme avec ma tâche de poète,Et je réunirai dans le même souciCe qui brille là-haut et ce qui souffre ici.

Ce fut ma bienvenue et mon bouquet de fêteDe te trouver logé dans le même poète.Notre amitié naquit de l’admiration.Et nous vécûmes là, d’art et d’affection,Habitants du granit hautain, deux hirondelles,Et nous nous en allions dans l’espace, fidèlesEt libres, comprenant, dès notre premier pas,Qu’on n’imitait Hugo qu’en ne l’imitant pas.

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