À ce qui n’est plus

Les Stoïques

À CE QUI N’EST PLUS.

Je sais l’art d’évoquer les minutes heureuses.

Charles Baudelaire.

ourquoi revenez-vous creuser mon souvenir,Ô jours trop tôt perdus, ô trop chères pensées,Images que le temps doit avoir effacées,Mots que mon cœur avare a peine à contenir,Pourquoi revenez-vous creuser mon souvenir ?J’avais promis l’oubli qui console & qui tue,L’oubli muet & calme aux flots profonds & lourds.Les heures ont passé, je me souviens toujours,Vous agitez encor mon âme combattue,J’avais promis l’oubli qui console & qui tue.Mon espoir est un rêve & mon rêve un secret,Mes vers en sont l’écho, mais non la voix vibrante.

J’aime aux bois soleillés la vapeur transparente,J’aime aux yeux les plus beaux un plus subtil attrait :Mon espoir est un rêve & mon rêve un secret.Le cœur a des retours vers les choses anciennes,Des retours imprévus, séduisants, caressants ;Le poëte s’éveille à de si doux accentsEt s’abandonne à ces langueurs qui sont les siennes.Le cœur a des retours vers les choses anciennes.Ô jours trop tôt perdus, ô jours trop regrettés,Puisse l’enchantement de vos mélancolies,Reflet mystérieux des aurores pâlies,Longuement éblouir mes regards attristés,Ô jours trop tôt perdus, ô jours trop regrettés !Janvier 18…

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