En passant en chemin de fer
Rayons perdus (1869)
Discrets, furtifs & solitaires,Où menez-vous, petits chemins ?Vous qu’on voit, pleins de frais mystères,Vous cachant aux regards humains.
Où menez-vous, petits cheminsTapissés de fleurs & de mousse ?Vous cachant aux regards humains,Que votre ombre doit être douce !
Tapissés de fleurs & de mousse,Abrités du froid & du vent,
Que votre ombre doit être douceÀ celui qui s’en va rêvant !
Abrités du froid & du vent,Le voyageur vous voit & passe.À celui qui s’en va rêvant,Peut-être ouvririez-vous l’espace ?
Le voyageur vous voit & passe,Il se retourne en soupirant :Peut-être ouvririez-vous l’espaceÀ son cœur malade & souffrant ?
Il se retourne en soupirant,Emporté plus loin dans la vie.À son cœur malade & souffrantVotre silence fait envie.
Emporté plus loin dans la vie,Le voyageur reviendra-t-il ?Votre silence fait envie,Ô chers petits chemins d’avril !
Le voyageur reviendra-t-il
Fouler l’herbe que l’agneau broute,Ô chers petits chemins d’avril !Qui l’attend au bout de sa route ?
Fouler l’herbe que l’agneau broute,Au moins, ç’aurait été la paix.Qui l’attend au bout de sa route ?Pourquoi fuit-il l’ombrage épais ?
Au moins, ç’aurait été la paix,La fraîcheur sauvage & champêtre.Pourquoi fuit-il l’ombrage épais ?Le bonheur était là, peut-être.
La fraîcheur sauvage & champêtre,Loin de tous les regards humains,Le bonheur était là, peut-être,Dans un de ces petits chemins.
Loin de tous les regards humains,Mes rêves cachent leurs mystères,Dans un de ces petits cheminsDiscrets, furtifs & solitaires !
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