Encore les berges
Horizons
ENCORE LES BERGES
Les maisons avec leur secret frissonD’existence interne et savante,Les jardins ordonnés que l’été calme évente,La blanche vie à l’unisson,Cela ! ce bonheur tranquillement le nôtre,Nous le lâchons par les beaux soirs,Las du luxe, saisis du soudain désespoirD’être à bout de tout, l’un et l’autre.Les maisons avec leur secret frisson,Nous les fermons pour cette bergeQui sent bon et mauvais le foin et le poisson,Et dont plus d’un feu rouge émerge.
La Seine nous suit d’un laiteux détourQuand nous marchons vers la guinguette ;Assise sur l’eau douce et blanche, se reflèteL’île noire de Billancourt.Et c’est l’aventure humide et vineuseQue secrètent l’usine et l’eau,La populace forte et louche, gueulant haut,Les poings à ses hanches de gueuse.La misère, ici, remplace l’ennui.Perdus dans cette vie éparse,Nous faisons un repas de friture et de nuitComme un rôdeur avec sa garce.
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