Sonneries du soir

La Figure de proue

Quand l’invisible cor qui s’éteint et renaît,Déclarant la détresse immense de l’automne,Du fond de la forêt, au soir, tremble et détonne,Qu’est-ce donc en nous qui s’étonneEt qui pourtant se reconnaît ?

Quelle France ancienne en notre âme se lève ?Pourquoi sanglotons-nous quand passe cette voix ?Pourquoi, pourquoi, la sonnerie, à travers bois.Comme un pauvre cerf aux abois,Poursuit-elle ainsi notre rêve ?…

Sur la rivière et sur le préParmi quoi déjà traîne un septembre doré,C’est l’hallali que sonne,Des profondeurs de la Brothonne,Vers un cerf invisible un cor désespéré.

Pourquoi, quand nous étions sereineEt ne songeant à rien, ce soir, sur le talus,La forêt souveraine,À notre âme contemporaine,Parle-t-elle d’un temps dont nous ne sommes plus ?…

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