Utique

La Figure de proue

Le bonheur monotone et grave de l’espaceNous laissa souvent seuls avec les horizonsOù rôdait au couchant notre âme jamais lasseDe voir le beau soleil sombrer dans les moissons.

Le soir nous attirait vers les plaines d’UtiqueOù les blés infinis se mouraient de chaleur,Où, le long des sentiers, le sol trois fois antiqueNe nourrissait plus rien que des chardons en fleur.

Et, quand la nuit subite avait éteint la plaine,En rentrant on voyait dans le faux poivrierQui longe la maison solitaire, brillerEn face du couchant fini, la lune pleine…

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