La du Barry
Joies errantes
À Lucienne Dorsy.
La petite fée du joli, toute poudrée de grâces mièvres,Tourne d’une main distraite, et blanche à merveille,La cuiller, dans une tasse — qui est assurémentEn fine porcelaine de Sèvres —Où fume le café odorant, don nouveauD’un monde aussi fabuleuxQue les contrées des contes de Perrault.Les fleurettes de sa robe à panierSont moins futiles et folles que sa tête friséeÀ menus frisons, blancs comme du sucre.C’est un oiselet voluptueux et insoucieux ;Fait pour le nid royal et les longues paresses,Sur des tapis — qui coûtent des provinces.
Tout ce qu’elle sait — cette petite courtisane —C’est que son amoureux est le plus grandGentilhomme de France, —Et que le rose tendre lui va divinement.Mais le carmin mignard,De ses joues, pâlit soudain ;Car, le souvenir lui vientD’un odieux cauchemarQu’elle eût dernièrement :C’était, au milieu d’une hurlante multitude…Un lourd couteauTombait sur son cou délicat…— Ah ! le vilain rêve ! — dit-elle, de ses mignonnes lèvres roses,Qu’on dirait peintes par Boucher,— Décidément, je ne boirai plus de café,C’est lui qui doit en être cause —Mais déjà, pensant à autre chose,Elle vide sa tasse à petits traits.
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