La parure
Joies errantes
À Antoine Périvier.
Un peu de l’âme somptueuse et barbareDe nos primitifs aïeuxPasse en nous avec les feux des pierres raresEt l’éclat du métal précieux.L’or ciselé en bagues alliantesEt en bracelets nous enchaîneD’une fidèle tendresse où s’enchanteLa tendresse de nos grand’mères lointaines.Les perles rient en colliersSur notre cou qu’elles caressentLicencieuses comme au beau tempsDes mouches, des paniersEt des galantes paresses.
Les mousselines légèresNous fontUn cœur de papillon,Et les fraîches toiles à fleurettes suggèrentUn cœur de bergère.Dans la soie murmurante et cälineC’est l’amoureuse qui veut qu’on devineSes abandons et ses langueurs, toutes.Les plis souples de la dentelleSont d’aimables routesFleuries, vers la fantaisie fière qui s’y recèle.Le riche apparat des veloursNous fait un peu reine,Un peu châtelaine aux fastueuses amours.Mais en l’asile discret des sombres lainesUne âme de nonnainNous vient ;Tant l’Art et le Rêve sont les vrais vainqueursDe nos faibles cœurs.
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