Le Sabbat

Joies errantes

À Jean Lorain.

Par la clairière,Blême de lumièreDe lune,La folle rondeTournoie et gronde —Comme la rafaleChevauchant la pâleLagune.C’est la gaieté — combien morose ! —C’est la peur et la soif de l’oubli guérisseur,De l’oubli destructeurDe toute chose,Qui enlace : riant et criant,Ces pauvres êtres en proieÀ la pire joie ;

Et fait ces fulgurantes étreintes d’amourSans Amour.Mais, de cette ivresse, triste comme la Mort,Où les vivants damnés veulent fuir la Vie— Ses deuils, ses crève-cœur, ses crimes, ses remords —D’autres êtres vont naître — et l’odieuse VieGermera triomphante en ces baisers de Mort.Par la clairière,Blême de lumièreDe lune,La folle rondeTournoie et gronde…

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