Notes féminines
Joies errantes
À Edmond de Goncourt.
Cette grave entrevueEst fertile en émois,L’image, pourtant connue,Surprend toujours ; — est-ce bien soiCette soudaine apparue ?Et les petites mines d’allerPour calmer l’inquiétude qui vientDe n’être pas — il se peut — aussi bienQue l’on voudrait ;Mais, bientôt, une distribution de récompensesGénéreuses, commence.Les cheveux ? ah ! les cheveux, parfait !Surtout de profit ; on dirait
De telle peinture d’artiste admiré ;Puis on retrouve à des détails menus,Le souvenir du même visage des jours révolusDes jours enfantins si vite — en somme — disparus.Et l’on songe à cet autre miroir enchantéSi impressionnant pour nos jeunes cœursL’eau de l’étang que l’on croyaitUn morceau de ciel tombéOù poussaient aussi des herbes et des fleurs.
Un désir — déjà presque un regretUn émoi paresseux qui ne saitCe qu’il redoute ni ce qui lui plairait.Une mélancolie de refuser — savoureuseComme un fruit qui serait amer — aimablement ;Puis une allégresse pâle comme un feu de veilleuse ;Et l’on devine bien, tout au fond de soi,Que rien ne demeureraDe cette petite flamme éloquente qui ment,De ce désir, de cet émoi ;Si non une fatigue heureuse et une joie d’artisteD’avoir su jongler avec du subtil— Une joie pourtant décevante et triste,Car, d’aimer tout simplement — c’eût été plus gentil.
Une petite FolieQui d’elle-même se ritComme une folle ;Une petite Folie aux clochettes de passion,Folle pour de bon ;Une façon plutôt bête de jouer son cœurÀ pigeon vole,Car, je vous demande, comment tout celaPourrait devenir du bonheur.Tandis qu’on peut en souffrir vraiment —Pas du tout pour rire —Voir de cette blessure ouverte en jouantCouler du vrai sang ;Et pleurer des larmes pires.
Voir saigner même son orgueilComme s’il y avait de quoi — sans raison ;Cette idée aussi de mettre tout son orgueilEntre les mains d’un seulEst absurde plus que de raison.
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