Nature morte
Rythmes pittoresques
NATURE MORTE
À Louis Forain.
Un boudoir cossu :Les meubles, les tentures et les œuvres d’art, ont la banalité requise.Et la lampe — soleil à gage — éclaire les deux amants.
Elle est teinte en blonde, car Il n'aime que les blondes.
Lui, a les cheveux de la même nuance que son complet très à la mode
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Par la fenêtre ouverte on voit un ciel bleu comme une flamme de soufre.Et la lune, radieuse en ces voiles, flotte vers de fulgurants hymens.
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Ayant achevé de lire le cours authentique de la Bourse, Il allume un cigare cher — et songe :« C’est une heure agréable de la journée, celle où l’on sacrifie à l'amour. »Ils se sont rapprochés et causentDe l'égoïsme à deux, des âmes sœurs…Lui, bâillant un peuElle tâchant à éviter la cendre du cigare.
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Par la fenêtre ouverte on voit un ciel bleu comme une flamme de soufreEt les arbres bercés de nuptiales caresses
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Lui, ayant fini son cigare, se penche pour donner un baiser à celleQu’au club il appelle « sa maîtresse ».Il se penche pour lui donner un baiser — tout en rêvant :« Pourvu que la Banque Ottomane ne baisse pas ! »Elle, offre ses lèvres pensant à ses fournisseurs
Et leur baiser sonne comme le choc de deux verres vides.
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Par la fenêtre ouverte on voit un ciel bleu comme une flamme de soufreEt les oiseaux veilleurs chantent l’immortel AmourTandis que de la terre monte une vapeur d’encensEt des parfums d’Extase.
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Si nous fermions — disent-ils — cette fenêtre qui gêne notre extase ?
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