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La Colline inspirée

Où sont-ils, Vierge souveraine ?Mais où sont les neiges d’antan ?

Par les chants les plus magnifiques,Sion célèbre ton Sauveur ;Exalte dans tes saints cantiquesTon Dieu, ton chef et ton pasteur ;Prodigue aujourd’hui pour lui plaireTes transports, tes soins empressés,Jamais tu n’en pourras trop faire,Tu n’en feras jamais assez.

Jamais tu n’en pourras trop faire,Tu n’en feras jamais assez,.

Sainte Sion, demeure permanente,Sacré palais, qu’habite le grand roi,Dans tes parvis se plaît l’âme innocente,Quoi de plus doux que de penser à toi !Quoi de pÔ ma patrie,Quoi de pÔ mon Sauveur.

Alarme, Compagnons,Car je vois de bien loinUne grosse troupe de gendarmes et soldatsQui nous prendront nos troupeaux tout à l’heure.Hélas ! ils sont partout,Tout en est noir,Ils sont drus et menus,Ils feront la guerre à riche et à pauvre.

Ah ! Dieu ! je suis prisS’ils nous trouvent ici.

Filles et pâtureaux,C’est pas le moment de parler ;Vite, au plus tôt, courez parmi les champsPour ramasser nos troupeaux tout d’un temps.Envoyez le chien Brissaud après,Et vous, Fidèle,Pour les faire retournerPendant que je ferai la sentinelle.Car je serai pris,S’ils nous trouvent ici.

Mais Colas n’avez-vous pas vuUn des rois si camusEt qui est encore plus noir qu’un cramail ?Voilà bien longtemps qu’il n’a pas lavé son visage,Il fera peur à l’Enfant.Il n’a que les dents qui soient un peu blanches,Ses lèvres se retroussent des deux côtés,Et ses gens lui ressemblent aussi.

Jean, je vois un goujatDessus un dromadaire........

Venez, petits et grands ! Que tout homme s’empresse.Pour contempler trois sots qui vendent la sagesse.Après avoir vendu les reliques des saints,Ils changent d’industrie et se font magiciens.

Venez, petits et grands, que tout homme s’empressePour contempler trois sots qui vendent la sagesse.Après avoir vendu les reliques des saints,Ils changent d’industrie et se font magiciens.Sur l’air du traSur l’air du tra la la,Sur l’air du traSur l’air du tra la la.

De miracles nombreux, les voilà fabricants,Et d’emblèmes dévots habiles traficants :Ils sont allés, dit-on, apprendre en NormandieL’art de duper les gens en grande compagnie.Sur l’air du traSur l’air du tra la la, etc.

Depuis longtemps déjà, ils ont à nos regardsLe talent merveilleux de plumer les jobards ;Il ne fallait donc pas, je crois, un grand prophètePour les rendre savants des pieds jusqu’à la tête.Sur l’air du traSur l’air du tra, la, la, etc.

Vous, grossiers paysans, ah ! vous ne savez rien,Vous croyez ce qu’enseigne un évangile ancien ;Mais si vous contemplez la lumière nouvelle,Ça vous retournera joliment la cervelle.Sur l’air du traSur l’air du tra, la, la, etc.

Voyez ces trois oiseaux accoutumés au vol :Autrefois, vrais dindons, ils ont rasé le sol ;Mais à voler bien mieux, instruits par leur grand maîtreS’ils ne sont pas des aigles, ils peuvent le paraître.Sur l’air du traSur l’air du tra, la, la, etc.

Peuples, écoutez donc. Voilà le grand pontife !Grand, ma foi ! c’est bien vrai. Monsieur ! quel escogriffe !Il est sacré, dit-on, miraculeusement,Et de fou qu’il était, il est sage à présent.Sur l’air du traSur l’air du tra, la, la, etc.

Le chef de la boutique est un rusé compère ;C’est lui qui fait l’article avec sa commère.Pontifie et prophétesse et toute la nichée,Des farces de Tartuffe sont très fort entichés.Sur l’air du traSur l’air du tra, la, la, etc.

Si vous ne croyez pas, imbéciles humains,Ma foi, tant pis pour vous, je m’en lave les mains,La fièvre, la colique et la dysenterieEt tous les maux, sur vous, viendront avec furie.Sur l’air du traSur l’air du tra, la, la, etc.

La lune et le soleil vont se battre en duel.De nombreuses étoiles manqueront à l’appel,La terre engloutira et les gens et les bêtes,Excepté de Sion les fortunés bipèdes.Sur l’air du traSur l’air du tra, la, la, etc.

Ainsi le Dieu-Vintras, n’ayant aucun égard,Fera du genre humain une omelette au lard.Ôte-toi, dira-t-il, et laisse-moi la place,Pour danser la polka sans gêne dans l’espace.Sur l’air du traSur l’air du tra, la, la, etc.

Ah ! ce sera bien beau de voir polker Quirin,Popol et grand Francis, débris du genre humain,Thérèse, Lazarine, avec ces libres dames,Prêtresses de l’amour et brûlant de ses flammes.Sur l’air du traSur l’air du tra, la, la, etc.

C’est alors que du ciel tombera sur la terre,D’alouettes rôties une pluie salutaire.Merci, messieurs, merci, ô savants bacheliers.Avec ces beaux discours, payez vos créanciers.Vous n’étiez pas sorciers avant d’être prophètes,Mais vous êtes depuis devenus bien plus bêtes.Sur l’air du traSur l’air du tra, la, la, etc.

Basselles et pâtureaux,........Vite, au plus tôt, courez parmi les champs,Pour ramasser nos troupeaux tout d’un temps,Pour les faire retournerPendant que je ferai la sentinelle,Car je suis prisS’ils nous trouvent ici.

Ca je serin prisSi nous traurin toussi.

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