L’Artiste

L’Abîme

Par les Formes et les IdéesSon tarissement est certain,Car elles pompent son destin,Toujours là, jamais éludées.À bout de luttes saccadées,Il devient un morne pantinQui s’agite au gré serpentinDe ces furtives Asmodées.Son scrupule invente un lointainÀ leurs approches saccadées,

Et les ayant trop regardées,N’y voit plus que l’indistinct.

Vainement comme un libertinIl suit ses fibres corrodéesEt guette le pas clandestinDe la mort lente qui l’atteint ;Malgré ses moelles dessoudées,Il reste chasseur et butinDe ces ombres impossédées.Il tiendra son rêve hautainSur ses forces suicidées :Tout son sang sera leur festin.Fonds, cervelet ! Brûle, intestinPour les Formes et les Idées !

— Va donc ! infortuné mutin,Cours à tes chimères fardéesQui te laisseront l’œil sans tain,L’esprit figé, le cœur éteint.Pleurant tes heures décédées

Tu voudras peut-être un matinRevenir à ton pur instinct,Mais tes veines seront vidéesPar les Formes et les Idées.

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