L’Heure incertaine
L’Abîme
Devant tout grand projet où l’Esprit nous embarqueOn guette le Trépas, on flaire son arrêt,Et calme à la surface, on demeure en secretLe sujet défiant de ce brusque monarque.
On vit toujours plus vite, et rien ne nous distraitDe cette impitoyable et lugubre remarque ;En tâtant son déclin, peut-être qu’on sauraitCe qui reste de fil au fuseau de la Parque !…
Misérables calculs de la Peur, à quoi bon !Puisque la Mort surprend même le moribond.Le temps inerte et lourd glisse comme une anguille
Des mains de l’espérance et des doigts de l’ennui ;L’existence est pour l’homme un cadran plein de nuitDont il s’obstine en vain à voir tourner l’aiguille.
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