L’Hiver du mal
L’Abîme
Le Mal a ses hivers ainsi que la nature,Ses longs hivers de jeûne et de croupissement,Où les vices, moisis par leur désœuvrement,Habitent le dégoût comme une sépulture.
Privés d’illusion, non moins que de pâture,Inféconds du péché, mauvais stérilement,Ils sont là, condamnés à ce hideux tourmentDe ruminer en eux leur propre pourriture.
Tels, au fond de nos cœurs, ils ontL’aspect rouillé des feuilles mortesQui gisent au creux d’un buisson.
Ou bien on dirait des cloportesRoulés en boule dans la nuitAussi noire que leur ennui.
Encor quelques étés, quelques printemps infâmes,Et le Mal écrasé d’un hiver éternelN’aura plus qu’à ronger son misérable fielDans l’impénitence des âmes.
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