La Vie
L’Abîme
Visqueusement sortir d’un êtreQui vous inocule à foisonSes héritages de poison,C’est naître.
Cet angélisme sans défenseEt sans haine contre le mal,Dont il a le germe fatal,C’est l’enfance.
Cette chair en effervescenceOù déjà le vice en éveilChuchote un infâme conseil,C’est l’adolescence.
L’expansive animalité,Folle et chaude comme une laveQue bientôt la raison déprave,C’est la puberté.
Cette ambition ivrognesseDont le verre est toujours béant,Et qui bat les murs du néant,C’est la jeunesse.
Ce sentiment retors et durQui se pelotonne si tristeAu fond de sa peur égoïste,C’est l’âge mûr.
Cette usure tout d’une pièceQui se raccroche au souvenirPour tâcher de se soutenir,C’est la vieillesse.
Enfin, regarder s’entr’ouvrirDans une vision livideLe Grand Secret, — peut-être vide ? —C’est mourir.
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