Le Remords de l’assassin
L’Abîme
Depuis l’heure où j’ai mis en terreL’assassiné qui remuait,Un être frôlant et muetM’accompagne dans le mystère.Je ne vis plus qu’en frissonnant,Car cet insupportable mimeQui surgit comme un revenant…C’est ma victime !
La scène du meurtre nocturneParfois ressuscite à l’envers :Je suis attaqué de traversPar ce fantôme taciturne ;Et nous luttons : hideux combatOù l’épouvante qui m’opprimeÀ la fin hurle et se débatSous ma victime !
Voici que son grand œil inerteNuit et jour se met à sonderMa conscience découverteEt l’oblige à s’y regarder.Hélas ! je sens bien que l’on doitTôt ou tard soupçonner mon crime…Je suis dénoncé par le doigtDe ma victime !
De sa plaie où le couteau bouge,Suinte et pendille avec longueur
La corrosive larme rougeCreusant la pierre de mon cœur ;Et pour mon pas désordonnéLa terre entière est un abîmeOù je pivote, environnéPar ma victime !
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