Le Vieux Serpent
L’Abîme
Dans le ravin de la tristessePeut-elle nous faire du tort,La lubrique scélératesse ?
Le cœur plane sur l’étroitesseHumaine ! Âme et chair sont d’accordDans le ravin de la tristesse !
Le Rêve y courbe Son AltesseDevant Sa Majesté la Mort !La lubrique scélératesse ?
Allons donc ! quelle poétessePourrait nous rimer du remordDans le ravin de la tristesse ?
Mais sous sa toute petitesseOn n’a pas deviné d’abordLa lubrique scélératesse
Qui de loin, lente avec prestesse,Nous suit au milieu comme au bord,Dans le ravin de la tristesse.
Puis, outre sa délicatesse,Sa patience et son ressort,La lubrique scélératesse
A déférence et politesseEnvers les éclopés du sort,Dans le ravin de la tristesse.
Sachant que malgré sa rudesse,Notre chagrin n’est pas bien fort,La lubrique scélératesse
Siffle avec tant de morbidesseQu’on en éprouve un réconfortDans le ravin de la tristesse.
Tandis qu’elle gagne en vitesseToujours plus, toujours plus encorLa lubrique scélératesse,
La pessimiste prophétesseLa Prudence flâne et s’endortDans le ravin de la tristesse.
Bref, on reprend sa vieille hôtesse ;Sur notre âme, elle se retordLa lubrique scélératesse.
On l’écrasera ! Mais quand est-ce ?En attendant, elle nous mordDans le ravin de la tristesseLa lubrique scélératesse.
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