Le Monstre
Les Névroses
LE MONSTRE
En face d’un miroir est une femme étrangeQui tire une perruque où l’or brille à foison,Et son crâne apparaît jaune comme une orangeEt tout gras des parfums de sa fausse toison.Sous des lampes jetant une clarté sévèreElle sort de sa bouche un râtelier ducal,Et de l’orbite gauche arrache un œil de verreQu’elle met avec soin dans un petit bocal.Elle ôte un nez de cire et deux gros seins d’ouateQu’elle jette en grinçant dans une riche boîte,Et murmure : « Ce soir, je l’appelais mon chou ;« Il me trouvait charmante à travers ma voilette !« Et maintenant cette Ève, âpre et vivant squelette,« Va désarticuler sa jambe en caoutchouc ! »
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