Le Piano

Les Névroses

LE PIANO

À Marcel Noël.

Puis-je te célébrer autant que je le dois,Cher interlocuteur au langage mystique ?Hier encor, le chagrin, ruisselant de mes doigts,T’arrachait un sanglot funèbre et sympathique.Sois fier d’être incompris de la vulgarité !Beethoven a sur toi déchaîné sa folie,Et Chopin, cet Archange ivre d’étrangeté,T’a versé le trop-plein de sa mélancolie.Le rêve tendrement peut flotter dans tes sons ;La volupté se pâme avec tous ses frissonsDans tes soupirs d’amour et de tristesse vague ;Intime confident du vrai musicien,Tu consoles son cœur et son esprit qui vaguePar ton gémissement, fidèle écho du sien.

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