Le Somnambule

Les Névroses

LE SOMNAMBULE

À Gustave Coquelin.

Le chapeau sur la tête et la canne à la main,Serrant dans un frac noir sa rigide ossature,Il allait et venait au bord de la toiture,D’un air automatique et d’un pas surhumain.Singulier promeneur, spectre et caricature,Sans cesse, il refaisait son terrible chemin.Sur le ciel orageux, couleur de parchemin,Il dessinait sa haute et funèbre stature.Soudain, à la lueur d’un éclair infernal,Comme il frisait le vide en rasant le chenalAvec le pied danseur et vif d’un funambule,L’horreur emplit mon être et figea tout mon sang,Car un grand chat d’ébène hydrophobe et grinçantVenait de réveiller le monsieur Somnambule.

Comentarios

Cargando comentarios…