Le Voleur

Les Névroses

LE VOLEUR

L’aveugle, un vrai Goya retouché par la Morgue,À genoux dans le froid coupant comme une faux,Automatiquement tirait d’un petit orgueUn son inoubliable à force d’être faux.Suant par tous les bouts la misère qui navre,Il étalait deux yeux pâles où rien ne luit ;Et tel était l’aspect de ce vivant cadavre,Qu’il rendait le passant généreux malgré lui.À deux pas, un flâneur à figure malsaine,Accoudé sur le pont, considérait la SeineEn sifflotant d’un air canaille et vicieux ;Soudain, vers la sébile il tendit sa main jaune,Eut le geste qu’on a lorsque l’on fait l’aumône,Et vola froidement le vieil homme sans yeux.

Comentarios

Cargando comentarios…