Le Centenaire
Paysages et paysans
Près du laboureur poitrinaire,Devant sa porte, au jour tombant,Est venu s’asseoir sur son bancLe patriarche centenaire.
Et, comme le gars se désole,Dit qu’on va bientôt l’enterrer,L’ancêtre, pour le rassurer,Lui répond : « T’es jeun’, ça m’console.
Ton temps est pas v’nu d’dire adieuÀ tout’ les bell’ choses de la vie.L’soleil, l’air, te r’mettront ; j’me fieÀ ces grands méd’cins du bon Dieu.
L’hiver, l’arbre est en maladie,I’ n’a plus d’oiseaux ni d’couleurs,Mais, i’ r’prend ses musiq’, ses fleurs :C’n’est que d’la nature engourdie.
Et puis, pour les tiens, d’si brav’ gens,Qui sont pas avancés d’argent,Faut q’tu viv’ ! t’ es utile encor.
Tandis q’moi, tant d’âg’ me suffit.Maint’nant, plus à charg’ qu’à profit,J’suis assez vieux pour faire un mort ! »
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