Balance-toi !

Fleurs de rêve

Balance-toi, petite plante,Ta feuille est tendre et verdoyante,L’air est suave de fraîcheur ;Balance-toi ! l’heure est passéeOù par le soleil oppresséeTu pâlissais sous sa chaleur.

Balance-toi ! le crépusculeDéjà sur les balcons onduleSes fantômes mystérieux ;Et sur la nature assoupieCoule cette paix alanguieQui ne peut venir que des cieux.

Oh ! les douceurs de l’heure brune !De deviner au ciel la luneQuand l’azur est encor serein !Oh ! la brise qui vous caresse !Oh ! la chère ombre qui vous presseContre son chaste et moelleux sein !

Oh ! les mille voix soupirentLorsque les longs stratus expirentQuand le jour finit de mourir !Oh ! l’or des paupières lointainesDes étoiles qui dans les plainesD’azur commencent à s’ouvrir !

Oh ! les rêves du crépusculeQuand l’ombre de la nuit circuleQue les oiseaux ne chantent plus !Ô tendresse ! quand la penséeEn rythmes divins cadencéeMurmure de ces mots voulus…

Quand le toit des maisons s’efface,Que l’œil, inquiet, perd la traceDu Moukattam dans le lointain ;Quand a l’entour tout, calmé, rêve,Du cœur un cantique s’élèveAu Dieu du soir et du matin :

Salut, honneur, amour, louangeÀ Toi qui fis et l’homme et l’ange,À Toi qui suspendis le ciel ;Qui dans le temps et dans l’espaceAu jour, la nuit, marquas leur place,Salut à Toi, Père Éternel !

Plante, balance-toi, palpite,Balance-toi, danse, petite !L’air est suave de fraîcheur ;Balance-toi ! l’heure est passéeOù par le soleil oppresséeTu pâlissais sous sa chaleur…

Comentarios

Cargando comentarios…