Dédain

Fleurs de rêve

Triomphez, ô mes ennemis !Mon âme la voilà meurtrie…De vos propos jadis émisReprenez la longue série ;Jouissez de me voir souffrirPendant que le bonheur vous gâteDe sa grasse et mœlleuse patte…Vos espoirs viennent de fleurir.

Jouissez de mon impuissance,Par des succès, à vous griser ;Mais sachez que mon grand silenceNe veut dire que mépriser.Un bonheur cueilli sur la routeNe m’inspire que du dégoût,Et si votre œuvre tient deboutLa base m’en laisse du doute.

À votre vulgaire bonheurJe préfère mes nobles peines,Aux lâches cris de votre cœurMes courtes prières sereines.Il ne saurait me contenterCe sort que vous trouvez suave ;Le mien je le veux bel et grave,D’autre ne me saurait flatter.

Peines, chagrins, envolez-vousPendant que le vieil an expire ;Venez, doux plaisirs, rêves doux,C’est le nouvel an qui respire.

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