Le printemps s’endort
Fleurs de rêve
Tu t’assoupis, Printemps, dans un tendre sommeil ;Sur ta lèvre entr’ ouverte un sourire vermeilSe meurt en sa dernière extase ;Et ta belle paupière alanguit lentementDe ses cils languissants le dernier battementEt tu t’endors… l’été t’écrase !
Bientôt de ton départ sera sonné l’adieuEt ton âme en partant retrouvera son DieuAux hautes sphères azurées ;Nous ne goûterons plus tes exquises fraîcheurs,Plus d’azur amoureux, plus de câlines fleurs,Plus de romances murmurées…
Doucement par la brise ou son amant zéphirEn rythme harmonieux qu’on ne peut définir,Et qui vous troublent la pensée,Comme si dans le cœur vibrait un chant d’amour,Ou qu’on sentait frémir, vers le déclin du jour,Une aile invisible élancée…
Tu partiras bientôt, sans plaintes, sans regrets,Indifférent aux pleurs comme aux soupirs secretsQue ton azur a vu répandre.Oh ! ne pars pas si tôt, caresse encor nos fronts !Qui sait, Ami Printemps, si nous nous reverronsEt si Dieu ne va pas me prendre ?
Toi parti s’en iront aussi nos rêves blancsQui s’esquissent en l’air timides et tremblantsEn leur forme fine et gazeuse ;Ah ! reste nous, Printemps, reste, vis dans nos cœurs,Vis avec tes parfums, tes rêves et tes fleursEt ta brise silencieuse !
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