Sérénade du fou
Fleurs de rêve
Réveille-toi, belle endormie,Écoute ma chanson du soir ;Point de lune, ô ma douce amie,Montre-toi, nul ne te peut voir.
Sous ta fenêtre ma guitareSoupire de tristes accords,Un refrain nostalgique et rare,Et mon cœur frémit de transports !
Oui là, dans l’ombre et le silenceÉcoute un chant funèbre et doux…Tu ne veux point de ma présence ? ?Ciel ! pourquoi ce soudain courroux ?
Oh ! par tes lourdes mèches blondes,Tes prunelles qui font mourir(Ma douce !) où scintillent des mondesD’amour ! par tes yeux, mon plaisir !
Par ta lèvre, je te conjure !Ta lèvre toute volupté,Et par ta voix sonore et pure,Réponds : n’ai-je pas bien chanté ?
Alors pourquoi cette colèreEt cette disparition ?Serais-tu gâtée, ô ma chère,Ou ne serait-ce qu’un frisson ?
Mimi, reviens à ta fenêtreEt tiens-toi sous les rideaux blancs ;Par tes grâces, daigne apparaîtreEt m’inspirer de doux accents !
L’ombre est si noire et tu m’écoutes,Blonde, mais quoi ! m’aimerais-tu ?Arrache de mon sein ces doutes :Belle, parle ! je me suis tu.
Plus que jamais mélancolique,Guitare, reprends ta chansonDans cette ombre noire et tragiqueQui remplit ce vaste horizon.
Souffre, gémis, pleure, guitare !La belle ne veut point aimer,Et ton refrain suave et rareNe la saura jamais charmer…
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