Soupirs d’automne
Fleurs de rêve
Syrie, sur les bords du Nil,Où soupire la poésie,Mon cœur sent un cruel exilLoin de ta secrète magie…Et je songe à tes doux printemps,À ces heures pleines de charmesQui ne connurent point de larmesMais qui n’ont pas duré longtemps.
Et, dans ma mémoire confuse,Je revois de ton beau LibanLe tableau si cher à la MuseEt son azur chaste et charmant ;Les Cèdres dont les hautes cimesSe balançant frôlent le cielDu bout de leur bec vert de mielComme y voulant tracer des rimes…
Liban je rêve à tes étés,À tes jardins peuplés de roses,Aux appels de cœur, entêtés,Murmurés par tes fleurs écloses ;À ces besoins naïfs d’enfant,D’amour, d’abandon, d’espérance,De candeur et d’insouciance,De rencontrer le bien souvent.
J’étais en pension, je n’avais pas quinze ans,L’aspect seul d’un cours d’eau m’emportait dans les nues,Mon âme frémissait… Et depuis deux printemps,Grisant frisson, tu continues !
Ainsi que le soleil la pluie a ses attraits,Bien plus que le bonheur la peine a des délices :Les tremblements les plus doux et les plus secretsNous proviennent du sacrifice !
Autant que le printemps fleuriAutomne si rêveur, je t’aime !J’aime ton zéphir attendri,Tes soirs et tes tristesses même…J’aime ouïr les derniers accentsD’une antique lyre brisée,Vague écho, noire mélopéeQui n’a plus que des sons mourants…
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