Le Cantique des Cantiques

Traducido por Jean Lahor

En Orient

Si le Roi m’avait donnéParis, sa grand’ville,Et qu’il m’eût fallu quitté, etc.

... Lorsque le fruit sera mûr,Si notre sœur est un mur,Toute d’argent sur la belleFaisons une citadelle... etc. (XIV.)

Viens, aime-moi, j’ai soif des baisers de ta bouche :Quand arriveras-tu, pour m’apporter enfinDe longs baisers, chauds et très doux comme le vin ?…Tu laisses un parfum à la main qui te touche ;À ton nom seul dans l’air un parfum se répand :Quelle femme te voit, qui de toi ne s’éprend ?

Emporte-moi donc, courons-vite !Et lorsque le Roi même arrêterût ma fuitePour me faire entrer au harem,O filles de Jérusalem,C’est lui, le beau berger, que je voudrais encoreCar c’est toi seul, toi que j’adore ! ...

O filles de Jérusalem,Je suis brune, mais je suis belle :Je suis brune, mais belle, ô vierges, je suis telleQue les sombres tapis qui tendent le harem,Ou la tente brune où s’abriteDans le brûlant désert le bédouin Qédarite.

... Ne regarde pas à mon teint si noir :La peau de ma face, elle fut hàléePar l’ardent soleil qui l’a trop brûlée !Si tu viens à moi, si tu me viens voir.Ne regarde pas à mon teint si noir !

Oh ! les fils de ma mère, oh ! les frères indignes,Qui me faisaient garder leurs vignes !

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