À Léon Valade

Amour

À LÉON VALADE

Douze longs ans ont lui depuis les jours si courtsOù le même devoir nous tenait côte à côte !Hélas ! les passions dont mon cœur s’est fait l’hôteFurieux ont troublé ma paix de ces bons jours ;Et j’ai couru bien loin de nos calmes séjoursAu pourchas du Bonheur, ne trouvant que la Faute ;Le vaste monde autour de ma fuite trop hauteFondait en vains aspects, ronflait en vains discours…— L’Orgueil, fol hippogriffe, a replié ses ailes ;Un cœur nouveau fleurit au feu des humbles zèlesDans mon sein visité par la foudre de Dieu.Mais l’antique amitié, simple, joyeuse, exacte,Pendant tout mon désastre, à toute heure, en tout lieu,— J’en suis fier, mon Valade, — entre nous tint ce pacte.

1881.

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