There

Amour

THERE

à émile le brun

« Angels ! », seul coin luisant dans ce Londres du soir,Où flambe un peu de gaz et jase quelque foule,C’est drôle que, semblable à tel très dur espoir,Ton souvenir m’obsède et puissamment enrouleAutour de mon esprit un regret rouge et noir :Devantures, chansons, omnibus et les dansesDans le demi-brouillard où flue un goût de rhum,Décence, toutefois, le souci des cadences,Et même dans l’ivresse un certain décorum,Jusqu’à l’heure où la brume et la nuit se font denses.« Angels ! » jours déjà loin, soleils morts, flots taris ;Mes vieux péchés longtemps ont rôdé par tes voies,Tout soudain rougissant, misère ! et tout surprisDe se plaire vraiment à tes honnêtes joies,Eux pour tout le contraire arrivés de Paris !

Souvent l’incompressible Enfance ainsi se joue,Fût-ce dans ce rapport infinitésimal,Du monstre intérieur qui nous crispe la joueAu froid ricanement de la haine et du mal,Ou gonfle notre lèvre amère en lourde moue.L’Enfance baptismale émerge du pécheur,Inattendue, alerte, et nargue ce faroucheD’un sourire non sans franchise ou sans fraîcheur,Qui vient, quoi qu’il en ait, se poser sur sa boucheÀ lui, par un prodige exquisement vengeur.C’est la Grâce qui passe aimable et nous fait signe.Ô la simplicité primitive, elle encor !Cher recommencement bien humble ! Fuite insigneDe l’heure vers l’azur mûrisseur de fruits d’or !« Angels ! » ô nom revu, calme et frais comme un cygne !

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