À la promenade

Fêtes galantes (1891)

À LA PROMENADE

Le ciel si pâle et les arbres si grêlesSemblent sourire à nos costumes clairsQui vont flottant légers avec des airsDe nonchalance et des mouvements d’ailes.Et le vent doux ride l’humble bassin.Et la lueur du soleil qu’atténueL’ombre des bas tilleuls de l’avenueNous parvient bleue et mourante à dessein.

Trompeurs exquis et coquettes charmantes,Cœurs tendres mais affranchis du serment,Nous devisons délicieusement,Et les amants lutinent les amantesDe qui la main imperceptible saitParfois donner un soufflet qu’on échangeContre un baiser sur l’extrême phalangeDu petit doigt, et comme la chose estImmensément excessive et farouche,On est puni par un regard très sec,Lequel contraste au demeurant avecLa moue assez clémente de la bouche.

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