L’amour par terre

Fêtes galantes (1891)

L’AMOUR PAR TERRE

Le vent de l’autre nuit a jeté bas l’AmourQui, dans le coin le plus mystérieux du parc,Souriait en bandant malignement son arc,Et dont l’aspect nous fit tant songer tout un jour !Le vent de l’autre nuit l’a jeté bas ! Le marbreAu souffle du matin tournoie, épars. C’est tristeDe voir le piédestal, où le nom de l’artisteSe lit péniblement parmi l’ombre d’un arbre,

Oh ! c’est triste de voir debout le piédestalTout seul ! et des pensers mélancoliques vontEt viennent dans mon rêve où le chagrin profondÉvoque un avenir solitaire et fatal.Oh ! c’est triste ! — Et toi-même, est-ce pas ? es touchéeD’un si dolent tableau, bien que ton œil frivoleS’amuse au papillon de pourpre et d’or qui voleAu-dessus des débris dont l’allée est jonchée.

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