Colloque sentimental
Fêtes galantes (1902)
Dans le vieux parc solitaire et glacéDeux formes ont tout à l’heure passé.
Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,Et l’on entend à peine leurs paroles.
Dans le vieux parc solitaire et glacéDeux spectres ont évoqué le passé.
— Te souvient-il de notre extase ancienne ?— Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne ?
— Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom ?Toujours vois-tu mon âme en rêve ? — Non.
— Ah ! les beaux jours de bonheur indicibleOù nous joignions nos bouches ! — C’est possible.
Qu’il était bleu, le ciel, et grand l’espoir !— L’espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.
Tels ils marchaient dans les avoines folles,Et la nuit seule entendit leurs paroles.
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