Cognes et flics

Invectives

XLVIICOGNES ET FLICS

Autrefois j’aimais les gendarmes.Drôle de goût, me direz-vous…Enfin je leur trouvais des charmes,Non certes au-dessus de tout,Mais je les gobais tout de même,Comme on prise de bons enfants.Élite de l’armée et crèmeEt fleur, ils m’étaient triomphants !Leurs baudriers et leurs bicornes,Si bien célébrés par Nadaud,D’une sécurité sans bornesFlattaient mon âme de badaud.

Puis, ils lampent le petit verreAvant comme après le repasD’un geste plus ou moins sévèreEt je ne le détestais pas.Je trinquais avec des brigades,Et nous buvions à nos amours.Comme il sied avec des troubades,C’était moi qui payais toujours…Depuis je constate avec peineQu’ils sont des rosses vous dressantProcès-verbal à perdre haleine,Quand ils jugent le cas pressant.La douille manque à la caserne.Or voici, grâce à tels délits,Qu’ils fabriquent d’un style terne,Les budgets qu’il faut, rétablis.À moi, les chouias, les macaches !Désormais je me voue au chantNational de « Mort aux vaches ! »Fussé-je pris pour un méchant…Comme aussi les sergents de ville :J’avais un estime pour eux !

Protecteurs de la paix civile,De l’ordre gardiens valeureux,Rempart du Bien, terreur du Crime,Ils me semblaient, naïveté !Une apparition sublimeD’anges veillant sur la cité…Hélas ! c’est encor : « Mort aux vaches ! »Qu’il faut crier quand on les voit.Massacreurs féroces et lâches,Mouchards, non point maquereaux, soitMais tout comme, ivrognes qu’indurePlus d’un rogomme monstrueux…Et le héros se dénatureEn un drôle imperpétueux.

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