L’Auberge

Jadis et naguère (1884)

Murs blancs, toit rouge, c’est l’Auberge fraîche au bordDu grand chemin poudreux où le pied brûle et saigne,L’auberge gaie avec le Bonheur pour enseigne.Vin bleu, pain tendre, et pas besoin de passe-port.

Ici l’on fume, ici l’on chante, ici l’on dort.L’hôte est un vieux soldat, et l’hôtesse qui peigneEt lave dix marmots roses et pleins de teigneParle d’amour, de joie et d’aise, et n’a pas tort !

La salle au noir plafond de poutres, aux imagesViolentes, Maleck Adel et les Rois Mages,Vous accueille d’un bon parfum de soupe aux choux.

Entendez-vous ? C’est la marmite qu’accompagneL’horloge du tic tac allègre de son pouls.Et la fenêtre s’ouvre au loin sur la campagne.

Comentarios

Cargando comentarios…