Cauchemar
Le Parnasse contemporain — 1866
J’ai vu passer dans mon rêve— Tel l’ouragan sur la grève, —D’une main tenant un glaiveEt de l’autre un sablier,Ce cavalier
Des ballades d’AllemagneQu’à travers ville et campagne,Et du fleuve à la montagne,Et des forêts au vallonUn étalon
Rouge-flamme et noir d’ébène,Sans bride, ni mors, ni rêne,Ni hop ! ni cravache, entraîneParmi des râlements sourdsToujours ! toujours !
Un grand feutre à longue plumeOmbrait son œil qui s’allumeEt s’éteint. Tel, dans la brume,Eclate et meurt l’éclair bleuD’une arme à feu.
Comme l’aile d’une orfraieQu’un subit orage effraye,Par l’air que la neige raie,Son manteau se soulevantClaquait au vent,
Et montrait d’un air de gloireUn torse d’ombre et d’ivoire,Tandis que dans la nuit noireLuisaient en des cris stridentsTrente-deux dents.
Comentarios
Cargando comentarios…